Sherlock Holmes : A Game of Shadows

10 janvier 2012  /  Par Sonia Pépin  /

Un deuxième chapitre explosif et haut en rebondissements…


À l’instar du volet initial sorti en 2009, Sherlock Holmes : A Game of Shadows s’avère aussi amusant et dynamique. Réalisée à nouveau par Guy Ritchie, cette relecture des écrits si connus de Sir Arthur Conan Doyle conserve la signature de la précédente version. Utilisant les mêmes habiles stratagèmes, le cinéaste propose un divertissement intelligent, voire audacieux.

Deux acolytes, l’excentrique détective Sherlock Holmes (Robert Downey Jr.) et le sceptique docteur John Watson (Jude Law), unissent leurs forces pour vaincre le machiavélique professeur d’Oxford, James Moriarty (Jared Harris). Cet adversaire de taille est qualifié de « Napoléon du crime » par l’illustre enquêteur privé et par son fidèle comparse. Ils découvriront que leur ennemi planifie de semer le chaos en Europe. Toujours aussi frivole et imprévisible, Holmes tentera de déjouer ses crapuleux plans. Une joute intellectuelle tordue s’installe entre eux. Ils se croisent, s’étudient à plusieurs reprises avant leur épique confrontation finale. Dans cette périlleuse aventure, le héros de Baker Street et son adjoint se feront aider par de nouveaux alliés : son frère aîné, le diplomate Mycroft Holmes (Stephen Fry), ainsi qu’une gitane (Noomi Rapace).

Conservant son léger côté western, la trame sonore de Hans Zimmer rehausse l’atmosphère de même que les décors et paysages magnifiés, signés Philippe Rousselot. Rares sont les moments de répit dans ce long métrage tantôt drôle et captivant, tantôt fantastique et rythmé. Toutefois, le minutieux réalisateur prend un malin plaisir à multiplier les scènes de combats dans lesquels il exploite l’angle, le ralenti et l’accéléré. Remplie d’action, l’intrigue est parsemée d’informations, d’indices et de pauses visuelles. Ceci permet aux cinéphiles de participer à l'élaboration et à la résolution de l'énigme. Cependant, ces innombrables décortications des combats à venir peuvent visiblement irriter et provoquer l’exaspération.

Au charme raffiné de ce duo d’acteurs en parfaite symbiose, formé de Robert Downey Jr. et de Jude Law, s’ajoute une atmosphère de bonne humeur et de camaraderie. Devant leurs facéties, impossible de ne pas rire. En homme diabolique, Jared Harris se veut la révélation du film. Quant à Noomi Rapace, elle campe la diseuse de bonne aventure de manière peu convaincante. Le comédien Stephen Fry incarne avec bonhomie le frère du célèbre cadet des Holmes. Sous la forme d'un « caméo », l’actrice Rachel McAdams ne fait qu’une courte apparition.

Somme toute, ce brillant observateur reviendra, avec ses ruses et déductions, pour un troisième opus !




Hommage à Lhasa de Sela

7 janvier 2012  /  Par Sonia Pépin  /

Retour sur l’univers onirique de cette saltimbanque au magnétisme troublant…


En synergie avec Pop Montréal, une panoplie d’artistes et de musiciens étaient réunis, sur la scène du Théâtre Rialto, pour rendre un hommage à la regrettée chanteuse Lhasa de Sela. Celle-ci a succombé à un cancer du sein le 1er janvier 2010. Dans une ambiance de fraternité, les amis et proches collaborateurs de l’Américano-Mexicaine ont présenté une création intitulée La route chante.

Au programme, une trentaine de suaves mélodies, tirées de ses opus La Llorona, The Living Road et Lhasa, furent interprétées en anglais, français et espagnol. Guirlandes de lumière ainsi qu’un bazar d’instruments accompagnèrent toutes les prestations. Ces grandes retrouvailles commencèrent avec le titre Small Song, par les frères Brad et Andrew Barr, Sarah Pagé, Miles Perkin et Joe Grass. S’écoutaient fort bien, sur le premier extrait de l’album éponyme de la défunte auteure compositrice, Is Anything Wrong, les voix enchanteresses de Thomas Hellman et Katie Moore. Puis, sur un rythme enlevant, Patrick Watson joua la sympathique El Pájaro, avant de poursuivre avec Shelter From the Storm, une reprise de Bob Dylan. Suivit l’enivrante mélancolie du répertoire latino-américain, Los Hermanos, avec Bïa qui confia : « Elle est l'une des personnes les plus intègres que j'ai connues dans ma vie. » Ses acolytes Mario Légaré et Yves Desrosiers ont repris La Llorona, de Chavela Vargas, ainsi que Por Eso Me Quedo. Après l’entracte, avant que la rouquine Moore ne rejoigne Freddy Koella pour livrer Anyone and Everyone, celui-ci y alla d’un sublime solo à la guitare. Est apparu ensuite Jérôme Minière pour interpréter la pièce pop rock Un magasin qui n'existe pas, sur laquelle la Montréalaise d'adoption avait chuchoté. En compagnie de Marie-Jo Thério, l’émouvant Arthur H, venu de France, enchaîna On rit encore, première composition de la disparue écrite dans la langue de Molière. Se produisant sur la déchirante complainte Pa’llegar a tu lado, la harpiste Sarah Pagé a surpris la foule. Aussi, nul n’a su résister au charme de sa jeune sœur, Eden de Sela. Vivante réincarnation de la bourlingueuse, Alejandra Ribera a reçu une chaleureuse ovation avec El Desierto, un chant poignant. Enthousiaste, Socalled a offert Los Peces, aux accents tziganes. Défilaient, au rythme de la voix de Patrick Watson sur Soon This Place Will Be Too Small, des images de Lhasa de Sela, entre autres. Loin de l’oraison funèbre, cette commémoration d’environ quatre heures se termina en chœur et par tous, sur l’air de I Called You Back, de Bonnie Billy.

Folk, blues, musique gitane et sonorités latines ont résonné aux oreilles des spectateurs !


Eddy King

6 janvier 2012  /  Par Sonia Pépin  /

Heureux amalgame de culture française, africaine, canadienne, québécoise…


Né en France de parents d’origine congolaise, immigré au Québec à 13 ans, l’humoriste Eddy King présentait sa première création scénique à caractère multiethnique. Affichant un look décontracté avec baskets et casquette à l’envers, Edgar, de son vrai prénom, s’est éclaté auprès d’un auditoire déjà conquis. Avec son humour caustique, il a pris d’assaut la scène du Théâtre St-Denis.

En 2010, le comique Rachid Badouri a confié au jeune homme la première partie de son spectacle Arrête ton cinéma, où plus de 100 000 spectateurs ont fait sa connaissance. Sympathique, la recrue a réussi à leur décrocher plus d’un sourire. Muni d’un certain aplomb, l’amuseur dénonce haut et fort les inepties écrites par Hergé dans la célèbre BD Tintin au Congo. Selon lui, l’album a été très mauvais pour l'image des Africains. À l’aide d’une affiche, il porte un regard désapprobateur sur l’œuvre, montrant comment l’auteur avait dessiné les Congolais : couleur d’ébène et lèvres disproportionnées. « Y’a personne qui est noir comme ça… avec des saucissons en guise de lèvres », s’est exclamé King.

Le Québécois d’adoption connaît un franc succès avec ses numéros autobiographiques, mis en scène par Christian Viau. Avec son accent à la fois européen et d’ici, le monologuiste relate son parcours entre Paris, Kinshasa et Montréal. De son enfance à Goussainville, une ville de la banlieue nord de Paris, plusieurs anecdotes sont contées. Dans cette commune violente, on y apprend que les bicyclettes se font emprunter à tout jamais par des cousins, c'est-à-dire : « si ta mère connaît ma mère, on est cousins! » De son arrivée dans la belle province en 1995, King raconte les enjeux politiques de l'époque et son intégration socioculturelle. Souriant, il évoque ce souvenir : « On est arrivé en pleine crise d'Oka et on ne comprenait pas pourquoi vous vous disputiez. Canadiens et Québécois, c'est la même chose, non? » Affichant une certaine nonchalance et une authenticité, le Français se moque des clichés, des stéréotypes et travers de société. En réalité, ce boute-en-train se plaît à les déterrer : racisme à travers les continents, éducation, immigration, profilage racial, non-reconnaissance des diplômes et diversité culturelle. Par exemple, il affirme sans gêne et respectueusement que les Blancs ne savent pas danser, que les Noirs ne savent pas être ponctuels et que les Asiatiques ne savent pas conduire. Ancien rappeur de la formation montréalaise Dögone Tribe, le charmant clown termina la représentation avec un bref hommage à la musique hip-hop.

Une ascension qui promet, à l’image de Jerry Seinfeld et Chris Rock, ses idoles, d’être fulgurante !

Vous pouvez consulter son site officiel à l'adresse : eddyking.ca