Ode poétique dédiée à la Ville lumière…
Comédie jubilatoire, Midnight in Paris, de Woody Allen, a été présentée hors compétition au 64e Festival de Cannes. Les cinéphiles sont transportés dans un univers charmant, léger et ludique.
Lors d’un voyage dans la capitale française, un scénariste californien, Gil (Owen Wilson), se questionne sur le sens de sa vie, sur ses ambitions littéraires. Son séjour, avec sa fiancée Inez (Rachel McAdams) et ses beaux-parents, le mènera vers une vie de bohème. Plongé dans l’écriture d’un premier roman, il trouvera l’inspiration au fil de ses promenades nocturnes. Déambulant un soir, sous les douze coups de minuit, l’écrivain en devenir est invité à monter à bord d’une rutilante voiture d’époque. Celle-ci l’emmène à la découverte du Paris des années 20. Purement fortuits, ces allers-retours lui permettront de croiser des personnages célèbres, voire mythiques : Gertrude Stein (Kathy Bates), femme de lettres, Ernest Hemingway (Corey Stoll), écrivain. De ces rencontres chimériques, Gil fait la connaissance du couple F. Scott et Zelda Fitzgerald (Tom Hiddleston et Alison Pill), puis du poète et dramaturge T.S. Eliot (David Lowe). Le jeune homme échangera quelques mots avec les peintres Salvador Dali (Adrien Brody) et Pablo Picasso (Marcial Di Fonzo Bo) ainsi que le cinéaste Luis Buñuel (Adrien de Van). Au cours de ses virées enchanteresses, cet incorrigible romantique rencontrera Adriana (Marion Cotillard), l’égérie de Picasso. Ravissante, mystérieuse, elle possède un charme ensorcelant. Sceptique de l’enthousiasme extatique de son amoureux au retour de ses sorties, Inez pense qu’il a perdu la raison. Sa dulcinée succombera à l'éloquence de Paul (Michael Sheen), un ancien camarade de collège.
Plusieurs sites touristiques les plus prisés, dont Place Vendôme, Tour Eiffel, Montmartre, Champs Élysées et Moulin Rouge, sont dépeints dans un prologue. Situations cocasses, dialogues vifs, décors enchanteurs, costumes somptueux, humour ravageur et jazz millésimé composent le 42e long métrage du réalisateur de Manhattan. Signée Darius Khondji, la photographie est incroyablement belle.
Alter ego du metteur en scène, Owen Wilson s’avère parfait. L’actrice Kathy Bates déclame de savoureuses répliques. Impeccable, Adrien Brody campe avec brio le prétentieux Dali. Quant à Marion Cotillard, elle incarne admirablement la muse. En homme de lettres, Corey Stoll se révèle époustouflant. Rachel McAdams joue bien la femme opportuniste et le talentueux Michael Sheen est remarquable en pur intellectuel. De courtes, mais excellentes, prestations ont été offertes par Tom Hiddleston, Alison Pill, David Lowe, Marcial Di Fonzo Bo, Adrien de Van, Gad Elmaleh, Carla Bruni et la Québécoise Karine Vanasse.
Dans ce conte surréaliste, on s’extasie devant ces créateurs de la Belle Époque !
