Un incontournable pour les Tintinophiles…
Depuis trente ans, le brillant réalisateur d’Indiana Jones — Les Aventuriers de l'arche perdue, Steven Spielberg, est fasciné par Tintin. L’artisan du septième art s’est donc uni à son homologue Peter Jackson, comme producteur, pour faire une relecture de l’œuvre de Georges Prosper Remi, alias Hergé. Intitulé Les aventures de Tintin : le secret de la Licorne, ce premier volet d'une trilogie à venir est moderne, mais fidèle.
Alors qu'il déambule dans un marché aux puces de la Belgique, un reporter à la houppette, Tintin (Jamie Bell), achète la réplique miniature d'un navire : la Licorne. Bien malgré lui, le jeune Belge n’est pas seul à porter son dévolu sur cette magnifique trouvaille. Deux individus, Barnabé et Ivan Ivanovitch Sakharine (Daniel Craig), l’accostent pour racheter la maquette, sans succès. Ce dernier est convaincu que le héros à la mèche rebelle détient le précieux parchemin pour trouver le trésor de Rackham le Rouge. Vivement intrigué par leur manège, l’intrépide journaliste globe-trotter décide de protéger sa nouvelle acquisition; il se demande pourquoi ce simple bateau est l'objet de tant de convoitises. Sur la base de quelques indices, Tintin dénoue les mystères. Pendant ce temps, deux détectives maladroits, Dupond et Dupont (Simon Pegg et Nick Frost), recherchent Aristide Filoselle, un astucieux « pickpocket ». Pris en grippe par Sakharine et ses sbires, le célèbre aventurier est victime de vol et se retrouve prisonnier sur un cargo. C’est alors qu’il rencontre Archibald Haddock (Andy Serkis), commandant du navire, toujours ivre de whisky. Avec l’aide de son fidèle compagnon Milou, un fox-terrier, le capitaine et lui plongeront dans de périlleuses aventures parsemées d’embûches, à la recherche d’un secret ancestral.
Ce scénario est une adaptation réussie de trois albums clés : Secret de la Licorne, Trésor de Rackham le Rouge et Crabe aux pinces d'or. Faisant preuve d’astuce, trois scénaristes britanniques, Steven Moffat, Edgar Wright et Joe Cornish, ont respecté l’esprit des légendaires bandes dessinées. La nouvelle technologie « performance-capture », utilisée par le cinéaste James Cameron sur Avatar, a permis de magiques effets spéciaux. Visuellement, l’animation est parfaite et conforme à l’esthétisme des dessins originaux. Après un générique de début très bien conçu, Hergé fait une brève apparition en tant que caricaturiste. Décors majestueux aux couleurs vives, paysages exotiques, cascades époustouflantes et musique séduisante du maestro John Williams comblent les admirateurs. Tel un taquin, Spielberg fait des clins d’œil à ses précédentes créations : Catch me if You Can et Jaws. Quelques hics sont néanmoins à signaler : les Dupon(td) sont sous-utilisés, le professeur Tournesol est absent et certains combats s’étirent. Derrière l'image synthétique, le jeu des comédiens demeure visible. L’hilarant et émouvant ivrogne est campé à la perfection par Andy Serkis. Parfois doucereux, parfois diabolique, c’est avec brio que Daniel Craig incarne le descendant de Rackam le Rouge.
Mille millions de mille sabords, les cinéphiles en ressortent béat d'admiration, tonnerre de Brest !
