Un récit moderne empreint de réalisme, d’humour et d’humanité…
Après La moitié gauche du frigo, Congorama et C’est pas moi, je le jure!, Philippe Falardeau signe sans contredit sa meilleure œuvre avec Monsieur Lazhar. Précédée d’une réputation à la fois élogieuse et enviable, acquise aux festivals de Locarno, Toronto et Namur, sa quatrième création a été rapidement plébiscitée. Accumulant les récompenses, cette brillante réalisation a été choisie pour représenter le Canada à la prochaine cérémonie des Oscars, dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère.
Transposer la pièce de théâtre Bashir Lazhar, d’Évelyne de la Chenelière, sur la toile du grand écran permet à Falardeau de susciter des réflexions sur le deuil, l’exil et l’éducation. Avec délicatesse, voire pudeur, le cinéaste québécois dresse un portrait ironiquement juste de la réalité contemporaine du Québec. Plusieurs thématiques, comme l’immigration et le suicide, encore difficiles d'approche dans notre société, soulèvent des discussions.
Dans une école primaire montréalaise, une tragédie a eu lieu. Deux écoliers, Simon (Émilien Néron) et Alice (Sophie Nélisse), ont vu le corps froid de Martine, leur enseignante. Depuis, les tourmentés élèves de cette classe de sixième année ressentent le besoin de parler de la mort. Désirant régler l’émouvante situation comme toute autre tâche administrative, la direction et le personnel de l’institution évitent le sujet. Étant donné l’urgence de la situation, le poste de l’institutrice doit être rapidement comblé. Après avoir lu l’histoire dans le journal, Bachir Lazhar (Mohamed Fellag), un immigrant algérien, se présente à la directrice de l’établissement, madame Vaillancourt (Danielle Proulx), pour proposer ses services. N’ayant personne d’autre, le mystérieux quinquagénaire sera aussitôt embauché à titre de remplaçant. Toujours attentionné et respectueux, Lazhar parviendra-t-il à franchir le fossé culturel qui le sépare de ses élèves et de ses collègues, Claire (Brigitte Poupart), madame Dumas (Francine Ruel) et Gaston (Jules Philip)? Cultivé, l’homme deviendra un professeur exemplaire, partageant avec ses élèves des auteurs d’envergure de la littérature française. Au fil du récit, le Maghrébin dévoilera un lourd passé. Personne ne soupçonne ses douloureux secrets.
Scénario bien ficelé et mené justement, autant sur le plan narratif que dramatique. Mise en scène sobre, dialogues pertinents, photographie de qualité de même qu’une magnifique trame sonore, signée Martin Léon, soutiennent la production. Avec brio, l’acteur et humoriste franco-algérien Mohamed Fellag livre une prestation époustouflante. Son rôle est admirablement campé. Vulnérables et authentiques, Sophie Nélisse et Émilien Néron demeurent impeccables, de la première à la dernière scène.
Cette ode aux enseignants ne vous laissera pas indifférent !
