Heureux amalgame de culture française, africaine, canadienne, québécoise…
Né en France de parents d’origine congolaise, immigré au Québec à 13 ans, l’humoriste Eddy King présentait sa première création scénique à caractère multiethnique. Affichant un look décontracté avec baskets et casquette à l’envers, Edgar, de son vrai prénom, s’est éclaté auprès d’un auditoire déjà conquis. Avec son humour caustique, il a pris d’assaut la scène du Théâtre St-Denis.
En 2010, le comique Rachid Badouri a confié au jeune homme la première partie de son spectacle Arrête ton cinéma, où plus de 100 000 spectateurs ont fait sa connaissance. Sympathique, la recrue a réussi à leur décrocher plus d’un sourire. Muni d’un certain aplomb, l’amuseur dénonce haut et fort les inepties écrites par Hergé dans la célèbre BD Tintin au Congo. Selon lui, l’album a été très mauvais pour l'image des Africains. À l’aide d’une affiche, il porte un regard désapprobateur sur l’œuvre, montrant comment l’auteur avait dessiné les Congolais : couleur d’ébène et lèvres disproportionnées. « Y’a personne qui est noir comme ça… avec des saucissons en guise de lèvres », s’est exclamé King.
Le Québécois d’adoption connaît un franc succès avec ses numéros autobiographiques, mis en scène par Christian Viau. Avec son accent à la fois européen et d’ici, le monologuiste relate son parcours entre Paris, Kinshasa et Montréal. De son enfance à Goussainville, une ville de la banlieue nord de Paris, plusieurs anecdotes sont contées. Dans cette commune violente, on y apprend que les bicyclettes se font emprunter à tout jamais par des cousins, c'est-à-dire : « si ta mère connaît ma mère, on est cousins! » De son arrivée dans la belle province en 1995, King raconte les enjeux politiques de l'époque et son intégration socioculturelle. Souriant, il évoque ce souvenir : « On est arrivé en pleine crise d'Oka et on ne comprenait pas pourquoi vous vous disputiez. Canadiens et Québécois, c'est la même chose, non? » Affichant une certaine nonchalance et une authenticité, le Français se moque des clichés, des stéréotypes et travers de société. En réalité, ce boute-en-train se plaît à les déterrer : racisme à travers les continents, éducation, immigration, profilage racial, non-reconnaissance des diplômes et diversité culturelle. Par exemple, il affirme sans gêne et respectueusement que les Blancs ne savent pas danser, que les Noirs ne savent pas être ponctuels et que les Asiatiques ne savent pas conduire. Ancien rappeur de la formation montréalaise Dögone Tribe, le charmant clown termina la représentation avec un bref hommage à la musique hip-hop.
Une ascension qui promet, à l’image de Jerry Seinfeld et Chris Rock, ses idoles, d’être fulgurante !
Vous pouvez consulter son site officiel à l'adresse : eddyking.ca
