Retour sur l’univers onirique de cette saltimbanque au magnétisme troublant…
En synergie avec Pop Montréal, une panoplie d’artistes et de musiciens étaient réunis, sur la scène du Théâtre Rialto, pour rendre un hommage à la regrettée chanteuse Lhasa de Sela. Celle-ci a succombé à un cancer du sein le 1er janvier 2010. Dans une ambiance de fraternité, les amis et proches collaborateurs de l’Américano-Mexicaine ont présenté une création intitulée La route chante.
Au programme, une trentaine de suaves mélodies, tirées de ses opus La Llorona, The Living Road et Lhasa, furent interprétées en anglais, français et espagnol. Guirlandes de lumière ainsi qu’un bazar d’instruments accompagnèrent toutes les prestations. Ces grandes retrouvailles commencèrent avec le titre Small Song, par les frères Brad et Andrew Barr, Sarah Pagé, Miles Perkin et Joe Grass. S’écoutaient fort bien, sur le premier extrait de l’album éponyme de la défunte auteure compositrice, Is Anything Wrong, les voix enchanteresses de Thomas Hellman et Katie Moore. Puis, sur un rythme enlevant, Patrick Watson joua la sympathique El Pájaro, avant de poursuivre avec Shelter From the Storm, une reprise de Bob Dylan. Suivit l’enivrante mélancolie du répertoire latino-américain, Los Hermanos, avec Bïa qui confia : « Elle est l'une des personnes les plus intègres que j'ai connues dans ma vie. » Ses acolytes Mario Légaré et Yves Desrosiers ont repris La Llorona, de Chavela Vargas, ainsi que Por Eso Me Quedo. Après l’entracte, avant que la rouquine Moore ne rejoigne Freddy Koella pour livrer Anyone and Everyone, celui-ci y alla d’un sublime solo à la guitare. Est apparu ensuite Jérôme Minière pour interpréter la pièce pop rock Un magasin qui n'existe pas, sur laquelle la Montréalaise d'adoption avait chuchoté. En compagnie de Marie-Jo Thério, l’émouvant Arthur H, venu de France, enchaîna On rit encore, première composition de la disparue écrite dans la langue de Molière. Se produisant sur la déchirante complainte Pa’llegar a tu lado, la harpiste Sarah Pagé a surpris la foule. Aussi, nul n’a su résister au charme de sa jeune sœur, Eden de Sela. Vivante réincarnation de la bourlingueuse, Alejandra Ribera a reçu une chaleureuse ovation avec El Desierto, un chant poignant. Enthousiaste, Socalled a offert Los Peces, aux accents tziganes. Défilaient, au rythme de la voix de Patrick Watson sur Soon This Place Will Be Too Small, des images de Lhasa de Sela, entre autres. Loin de l’oraison funèbre, cette commémoration d’environ quatre heures se termina en chœur et par tous, sur l’air de I Called You Back, de Bonnie Billy.
Folk, blues, musique gitane et sonorités latines ont résonné aux oreilles des spectateurs !
